La question arrive presque toujours sous forme d'alternative. Faut-il un WMS, ou le module d'entrepôt de notre ERP suffit-il ?
Posée ainsi, elle n'a pas de bonne réponse, parce que les deux ne font pas le même travail. L'ERP est le système d'enregistrement : il valorise, achète, facture, et tient un total par article. Le logiciel WMS est le système d'exécution : il dirige le geste, connaît l'emplacement et le lot, et enregistre le mouvement au moment où il a lieu.
La vraie question est donc : à partir de quand l'enregistrement ne suffit plus à faire tourner l'exploitation.
Ce que chacun détient
| L'ERP | Le WMS | |
|---|---|---|
| Le stock | Un total par article, et sa valeur | L'emplacement, le bac, le lot, le numéro de série, la date |
| Le rangement | Laissé à l'opérateur | Attribué par taille, rotation, température, classe de danger |
| La préparation | Une liste imprimée dans l'ordre des lignes | Un parcours séquencé, par lots, par zones ou par vagues |
| Le mouvement | Enregistré après coup | Scanné et horodaté au moment où il se produit |
| La question à laquelle il répond | Combien en avons-nous, et combien cela vaut | Où est-ce, qui l'a touché, dans quel ordre faut-il faire |
Aucune de ces lignes n'est partagée, et c'est précisément ce qui rend le choix moins difficile qu'il n'y paraît : il ne s'agit pas de préférer un système à l'autre, mais de savoir lequel détient quoi. Le détail de ce partage, champ par champ, est sur wms erp.
Faites défiler latéralement pour voir toute la figure.
Les cinq seuils, et aucun n'est une question de taille
La plupart des ERP incluent un module de stock ou d'entrepôt, et il est honnêtement suffisant dans un cas de figure précis : peu de mouvements, peu de références, une personne qui prépare, et la comptabilité comme principal utilisateur des chiffres.
Il cesse de suffire à partir de cinq seuils. Un seul suffit.
Plusieurs préparateurs sur les mêmes références dans la même journée. Dès qu'ils sont deux, il faut une séquence et une attribution, sinon les deux prennent dans le même emplacement et l'un des deux a tort.
Plusieurs canaux de vente sur un seul stock. La même unité ne peut pas être promise deux fois. L'arbitrage entre canaux n'existe pas dans un module de stock, parce qu'il n'a pas été conçu pour arbitrer.
Une obligation de lot, de numéro de série ou de date de péremption. Si un client ou une réglementation vous demande de remonter un lot jusqu'à celui qui l'a réceptionné, un total par article ne répond pas. Le détail de ce que le stock doit porter est sur système de gestion des stocks.
Un volume de retours qui occupe quelqu'un. Un retour traversé sans règle produit du stock dormant et des avoirs, et aucun module de stock ne gère un banc de contrôle.
Un tableur parallèle, ou une mémoire. C'est le signe le plus fiable des cinq, et le plus facile à vérifier. Si quelqu'un tient un fichier des emplacements à côté de l'ERP, ou si l'information est dans la tête de la personne qui est là depuis six ans, alors la gestion d'entrepôt existe déjà — elle est simplement hors du système.
Ce que coûte l'écart, et pourquoi on ne le voit pas
Le coût du manque ne figure sur aucune ligne comptable. Il se répartit, et c'est pour cela qu'il survit si longtemps :
- les erreurs de prélèvement se retrouvent dans les avoirs et le transport ;
- le temps de recherche se retrouve dans la masse salariale ;
- les intérimaires de pointe se retrouvent dans les charges externes ;
- les écarts de comptage se retrouvent dans les sorties de stock en fin d'exercice ;
- les survendus se retrouvent dans les pénalités de place de marché et les commandes annulées.
Cinq postes, cinq comptes différents, et nulle part le mot « entrepôt ». Nous ne publions pas de montant type pour cet écart, parce qu'il dépend entièrement de votre volume et de votre mix. La méthode pour le chiffrer chez vous est sur coût wms, et c'est la première des quatre lignes d'un devis.
C'est « et », pas « ou »
Le montage habituel en PME ne remplace rien. L'ERP garde les achats, les commandes de vente, les prix, le prix de revient et la valeur du stock. Le WMS prend la réception, le rangement, le stock détaillé, la préparation, l'emballage, l'expédition et les retours. Une intégration fait descendre la demande et la donnée de référence, et remonter les confirmations, de sorte que la valeur de stock de l'ERP reflète ce qui a été scanné.
Remplacer un ERP qui fonctionne pour régler un problème d'entrepôt est l'option la plus chère, la plus longue et la plus risquée des trois possibles. Elle revient à refaire la comptabilité pour corriger la préparation de commandes.
Comment choisir, dans les deux sens
Restez sur le module de l'ERP si le stock bouge peu, le nombre de références est faible, vous produisez à la commande, et la comptabilité est le principal utilisateur des chiffres de stock. C'est une réponse légitime et elle vous fait économiser un projet.
Ajoutez un WMS si des gens prélèvent tous les jours, si la fiabilité ou la productivité pèse sur votre coût par commande, si vous vendez sur plusieurs canaux, ou si la traçabilité est une obligation contractuelle.
Entre les deux, la question de départ n'est pas votre effectif. C'est de savoir si une deuxième personne pourrait préparer une commande correctement demain matin sans rien demander à personne. Si la réponse est non, l'exploitation dépend d'une mémoire, et c'est cela qui coûte.
Pour poser les questions dans l'ordre à un éditeur, le cahier des charges WMS sert de trame ; pour le périmètre d'exécution d'une PME, c'est WMS PME ; et pour un groupe à plusieurs sociétés, logiciel logistique décrit les trois niveaux.
Et le WCS, puisque la question vient toujours ensuite
Un WMS dirige des personnes et organise le travail. Un WCS pilote des équipements d'automatisation en temps réel, sur instruction du WMS. Les deux cohabitent dès qu'il y a du matériel : le WMS décide ce qu'il faut faire, le WCS fait bouger la machine.
C'est ce qui explique qu'un entrepôt automatisé ne se passe pas de WMS. L'automatisation exécute plus vite ; elle ne décide pas pour autant.
Ce qu'il faut retenir
Ce n'est pas l'un ou l'autre, et la question de la taille est un faux départ. Regardez vos cinq seuils. Si l'un est franchi, le module de l'ERP n'est pas en défaut : il est simplement hors de son domaine, et vous le compensez déjà avec un tableur et une mémoire.



