kpi logistique : les quatorze chiffres qui disent où part l'argent

Home / Blog / KPI logistique : les quatorze chiffres qui disent où part l'argent

Willem ten Asbroek · Publié · 09:00

L'argent d'un entrepôt ne se perd pas d'un coup. Il fuit.

C'est ce qui le rend si difficile à traiter : une perte unique et visible déclencherait une réunion, alors qu'une fuite répartie sur quatorze endroits se dilue entre le poste transport, le poste main-d'œuvre, le poste surface et la démarque. Nulle part le mot « entrepôt » n'apparaît, et personne ne vote un budget pour un coût qui n'a pas de ligne.

Voici les quatorze endroits, en trois familles.

Famille 1 — la surface et le transport

La surface est un coût fixe mensuel. Le transport est un coût variable, et c'est celui qu'on surpaye le plus facilement sans le voir.

1. Palettes et mètres de chargement par expédition. Les transporteurs facturent au mètre de chargement : une remorque partiellement remplie se paie comme une remorque pleine sur la longueur occupée. Deux demi-palettes mal montées coûtent un mètre de plus que nécessaire, à chaque départ.

2. Poids volumétrique. Les messagers facturent au plus élevé du poids réel et d'un poids calculé sur le volume. Pour une marchandise légère et encombrante, c'est presque toujours le volume qui est facturé — et le choix du carton décide donc du prix du transport.

3. Surface nécessaire. Presque toutes les exploitations ont besoin d'un meilleur agencement plutôt que d'un bâtiment plus grand. Déménager est la correction la plus chère et, le plus souvent, celle qui ne traite pas la cause. L'indicateur de départ est le taux d'occupation de l'entrepôt, à relever par zone et par hauteur.

4. Agencement du rayonnage. Des allées resserrées ou un niveau de lisse supplémentaire rendent souvent plus d'emplacements palettes qu'on ne l'imagine, et pour une fraction du prix d'un second site. Les six leviers et les quatre cotes de bâtiment qui les limitent sont sur optimisation entrepôt.

5. Chargement des conteneurs. Expédier un conteneur partiellement rempli, c'est payer le fret complet pour du vide. Sur une importation régulière, c'est la fuite la plus facile à chiffrer et la plus facile à corriger.

surface et transport1. Palettes et mètres dechargement par expédition2. Poids volumétrique3. Surface nécessaire4. Agencement du rayonnage5. Chargement desconteneursce que le bâtiment et letransport coûtentstock et commandes6. Stock de sécurité7. Point de commande8. Quantité économique decommande9. Charge de comptagece que le stock immobilisemain-d'œuvre et coûtcommencer ici10. Lignes prélevées parheure11. Besoin en main-d'œuvrecommencer ici12. Coût de stockage parpalettecommencer ici13. Coût par ligne decommande14. Coût des retoursce que le travail coûte parunité serviequatorze chiffres, trois pour commencer, et aucun seuil publié

Faites défiler latéralement pour voir toute la figure.

Figure 1 — Quatorze chiffres répartis en trois familles, avec les trois par lesquels commencer mis en évidence

Famille 2 — le stock et les commandes

Le stock est de la trésorerie dépensée. Trop peu provoque des ruptures, trop immobilise l'argent, et les deux coexistent presque toujours dans la même exploitation — sur des articles différents. Ce que l'entrepôt immobilise, et comment le libérer, est traité sur besoin en fonds de roulement.

6. Stock de sécurité. Les marges fixées à l'intuition sont systématiquement trop hautes sur les articles lents et trop basses sur les rapides. L'effet se lit sur le taux de rupture, article par article, et son coût sur le coût de possession du stock.

7. Point de commande. Les seuils calculés à une époque où les délais d'approvisionnement étaient plus longs sont aujourd'hui faux, et faux dans le même sens : trop haut. Peu d'entreprises les ont repris depuis.

8. Quantité économique de commande. Elle équilibre le coût de passation d'une commande contre le coût de détention de ce qu'elle apporte. Un fournisseur qui propose une remise pour un volume plus gros propose aussi, sans le dire, des mois de détention en plus.

9. Charge de comptage. Le comptage continu, par emplacement et par rotation — l'inventaire tournant — maintient la justesse sans arrêt annuel, et surtout attrape les écarts tant qu'on peut encore en retrouver la cause. Un écart découvert trois mois plus tard n'est que constaté.

Famille 3 — la main-d'œuvre et le coût

C'est le plus gros poste contrôlable, et celui qui est le plus souvent planifié sur les hypothèses de l'année précédente.

10. Lignes prélevées par heure. Le papier, la préparation commande par commande et les longs trajets écrasent ce chiffre. Le regroupement et le travail dirigé au scan sont les deux corrections habituelles — voir lignes prélevées par heure, à relever par zone plutôt que globalement.

11. Besoin en main-d'œuvre. À dimensionner sur la pointe, pas sur une semaine moyenne. Une moyenne mensuelle ne dit rien d'utile quand le volume varie de moitié d'une semaine à l'autre : voir productivité de la main-d'œuvre.

12. Coût de stockage par palette. Loyer, énergie, rayonnage et manutention, divisés par les emplacements réellement utilisables. Les références lentes font monter ce chiffre deux fois : elles occupent une place et elles ne la libèrent pas.

13. Coût par ligne de commande. Le coût total de l'entrepôt divisé par les lignes expédiées. C'est le plus révélateur des quatorze, parce qu'il absorbe tous les autres : le temps de recherche, les reprises, la surface mal utilisée, l'encadrement. C'est aussi celui sur lequel un dossier d'investissement se construit — voir coût par ligne de commande.

14. Coût des retours. Contrôle, reconditionnement, remise en stock, mise au rebut, et le transport aller déjà payé. Il est presque toujours plusieurs fois plus élevé que ce que les gens supposent, et le taux de retour seul ne le montre pas : il faut le multiplier par le coût unitaire du traitement.

Les trois par lesquels commencer

Quatorze chiffres d'un coup, personne ne le fait. Trois suffisent à ouvrir la discussion :

  1. Le coût par ligne de commande, parce qu'il englobe le reste.
  2. Les lignes prélevées par heure, parce qu'il dit où le temps part.
  3. Le coût de stockage par palette, parce qu'il dit si le bâtiment est le problème.

Les onze autres servent ensuite à expliquer ce que ces trois-là révèlent.

Ce qu'on fait d'un mauvais chiffre

Un mauvais chiffre n'est pas un verdict, c'est une question. La méthode en trois temps :

Calculez-le. Même approximativement. Un chiffre estimé sur lequel quelqu'un agit vaut mieux qu'un chiffre exact que personne ne produit. Notez l'hypothèse à côté du résultat.

Comparez-le à vous-même, six mois plus tôt. Pas à une moyenne de marché. Nous ne publions pas de fourchette saine, et c'est volontaire : un chiffre acceptable dépend de votre mix, de votre profil de commande et de votre bâtiment, et une fourchette importée d'ailleurs induit en erreur plus souvent qu'elle n'éclaire.

Cherchez le processus derrière. C'est la seule étape qui produise quelque chose. Un coût par ligne qui monte n'est pas un problème de coût par ligne : c'est une face de prélèvement mal réapprovisionnée, une allée congestionnée, ou une référence mal placée.

Et une préférence, qui vaut pour les quatorze : regardez le contrôle du processus avant l'effectif. Travail dirigé au scan, une seule vérité de stock, traitement de l'anomalie au moment où elle se produit. Ajouter des personnes à un processus flou augmente le coût unitaire au lieu de le baisser.

À quelle fréquence

  • Les réglages de stock — stock de sécurité, point de commande, quantité économique : une fois par trimestre.
  • La main-d'œuvre et les coûts : une fois par mois.
  • Tous, avant une période de pointe ou avant une décision de système.

Ce qu'il faut retenir

Quatorze chiffres, trois familles, trois par lesquels commencer, et aucun seuil publié. La référence utile est votre propre écart sur six mois, parce que c'est le seul chiffre qui parle de votre exploitation.

Pour situer ces indicateurs dans le flux qui les produit, gestion d'entrepôt décrit les huit étapes et les cinq mesures qui méritent d'être suivies au quotidien. Et pour transformer un écart constaté en dossier, le calculateur de retour sur investissement travaille sur vos chiffres plutôt que sur les nôtres.

Questions fréquentes

Faut-il suivre les quatorze ?

Non. Commencez par trois : le coût par ligne de commande, les lignes prélevées par heure et le coût de stockage par palette. Les onze autres servent à expliquer ce que les trois premiers révèlent.

Lequel est le plus révélateur ?

Le coût par ligne de commande, parce qu'il absorbe tout le reste : le temps de recherche, les reprises, la surface mal utilisée, l'encadrement. C'est aussi celui qui porte un dossier d'investissement.

Et si je n'ai pas les données d'entrée ?

Estimez-les. Un chiffre approximatif sur lequel quelqu'un agit vaut mieux qu'un chiffre exact que personne ne calcule. Notez l'hypothèse à côté du résultat, et affinez à la mesure suivante.

À quelle fréquence les recalculer ?

Les réglages de stock une fois par trimestre, la main-d'œuvre et les coûts une fois par mois, et tous avant une période de pointe ou une décision de système.

Comment lire un mauvais chiffre ?

Comme une question, pas comme un verdict. Calculez-le, comparez-le à six mois plus tôt, puis cherchez le processus derrière. La valeur absolue dit peu de chose ; l'écart avec vous-même dit beaucoup.

Que faire quand le chiffre est mauvais ?

Regarder d'abord le contrôle du processus plutôt que l'effectif : le travail dirigé au scan, une seule vérité de stock, et le traitement de l'anomalie au moment où elle se produit. Ajouter des personnes à un processus flou en augmente le coût unitaire.

Publiez-vous des fourchettes de référence ?

Non. Un chiffre sain dépend de votre mix, de votre profil de commande et de votre bâtiment, et une fourchette de marché appliquée à votre exploitation induit en erreur plus souvent qu'elle n'éclaire. Votre propre écart sur six mois est la bonne référence.

Partager
Suivez BizBloqs sur LinkedIn

La gestion d'entrepôt et de commandes en pratique : résultats clients, notes de version et retours de terrain.

Suivre notre page

Articles liés

Vous ne savez pas quelle solution vous correspond ?

Utilisez la Checklist des 18 exigences SGE pour déterminer si votre profil correspond à PME, PME+ ou Enterprise.

Obtenir la checklist

Prêt à voir BizBloqs sur votre propre processus ?

Réservez une démo : nous parcourons votre flux d’entrepôt et de commandes de bout en bout — réception, stockage, préparation, expédition, retours — et nous vous disons honnêtement ce que BizBloqs changerait.

Deux questions sur votre propre exploitation

Réserver une démo