Confier sa logistique à un prestataire se décide souvent sur deux chiffres : le tarif au mètre carré et le tarif à la palette. Ce sont les deux qui comptent le moins.
Ce qui décide de la qualité d'une externalisation logistique, c'est ce que le prestataire sait de votre stock à tout instant, et ce qu'il peut vous en montrer. Voici les six exigences qui le révèlent, et ce que chacune suppose de son système.
Si vous êtes de l'autre côté de la table — prestataire plutôt que chargeur —, la liste se lit comme un cahier des charges de ce que vous devez pouvoir démontrer.
1. Comment mon stock est-il séparé de celui des autres ?
C'est la première question et la plus discriminante.
La mauvaise réponse est géographique : « votre marchandise est dans l'allée C ». Elle paraît rassurante et elle coûte cher, parce qu'elle oblige le prestataire à dédier de la surface, donc à vous la facturer, et elle casse dès qu'une pointe exige de poser une palette ailleurs.
La bonne réponse est que la propriété se résout à l'unité, pas à l'emplacement. Un emplacement peut contenir de la marchandise appartenant à deux donneurs d'ordre sans que la trace se perde. Le bâtiment reste exploitable, la séparation reste exacte.
Demandez à voir un emplacement mixte dans le système, avec deux propriétaires. Dix secondes, et vous savez.
Faites défiler latéralement pour voir toute la figure.
2. Que puis-je voir moi-même, sans appeler ?
Un prestataire qui répond à vos questions de stock par courriel sous vingt-quatre heures vous facture un service que vous rendriez mieux vous-même.
Ce que le module 3PL prévoit sur ce point est un portail client. Vous consultez votre position, vos commandes et leur statut sans passer par une personne. Cela change la nature de la relation : les échanges portent sur les exceptions au lieu de porter sur l'information courante.
3. Mon flux peut-il être différent de celui des autres ?
Vos exigences d'étiquetage ne sont pas celles du voisin. Vos enseignes clientes réclament un avis d'expédition dans un format précis, un bon de livraison sans les prix, parfois une étiquette palette en double.
Le module 3PL prévoit un flux différent par donneur d'ordre là où c'est nécessaire. La question à poser n'est donc pas « pouvez-vous le faire » — tout le monde dit oui — mais : est-ce un paramétrage, ou un développement facturé à chaque changement ?
4. Sur quoi la facture est-elle construite ?
Voici le point où les deux côtés de la table ont le même intérêt, et où ils l'ignorent souvent.
Beaucoup de prestataires reconstituent l'activité facturable en fin de mois, à partir de relevés transmis après coup. Cela produit trois effets, tous mauvais : la facturation est en retard sur l'activité, les écarts ne s'expliquent pas, et la discussion sur un écart se règle au jugement parce qu'il n'y a rien à regarder.
Le module 3PL fournit les données de facturation par donneur d'ordre — celles à partir desquelles le prestataire facture ses clients. Elles sont construites sur les mouvements réels : chacun est horodaté, attribué, et rattaché à son document d'origine.
Et une précision qui évite un malentendu : le prestataire facture ses clients lui-même. BizBloqs fournit la matière, pas la facture. Nous ne facturons pas vos clients à votre place.
Côté chargeur, l'exigence qui en découle : demandez que la facture soit adossée à des mouvements que vous pouvez consulter. Pas un total mensuel.
5. Comment les engagements de service sont-ils mesurés ?
Si votre taux de service se discute sur un tableur transmis par le prestataire, vous discutez son chiffre contre votre impression.
L'exigence correcte est que les deux parties lisent la même source : le même jeu d'enregistrements, avec les mêmes horodatages. Cela ne garantit pas un bon résultat ; cela garantit que le désaccord porte sur ce qu'il faut faire, et non sur ce qui s'est passé.
6. Que se passe-t-il quand mon volume double ?
La demande d'un prestataire varie par nature : saisons, tendances, pointes de ses clients superposées. C'est le métier.
Les deux questions utiles : la mise en service d'un nouveau donneur d'ordre est-elle un projet à chaque fois, ou une configuration à partir de modèles existants ? Et un renfort temporaire est-il productif rapidement ? Le travail dirigé — l'emplacement indiqué, l'ordre des gestes séquencé, le scan qui refuse l'erreur — permet à un intérimaire d'être productif le jour même plutôt qu'après avoir appris le bâtiment. C'est confirmé à tous les niveaux d'offre, y compris PME.
Les deux systèmes, et pourquoi il en faut deux
Le métier demande deux choses qui ne sont pas la même.
Le logiciel WMS tient le bâtiment : la position du stock, l'occupation de l'espace, la justesse du prélèvement.
La gestion des commandes tient le cycle de vie : la commande arrive d'un canal, elle est affectée, préparée, expédiée, suivie. Voir gestion des commandes.
Un prestataire qui n'a que le premier sait où est la marchandise et pas où en sont les commandes de ses clients. Un prestataire qui n'a que le second sait l'inverse. Les deux raccordés donnent la position et l'avancement dans la même lecture — ce qui est précisément ce que le portail du point 2 doit afficher.
Le détail du métier côté prestataire est sur prestataire logistique, et le périmètre du module sur logiciel 3PL.
Le chiffre sur lequel comparer deux offres
Pas le mètre carré. Pas la palette.
Le coût par ligne de commande.
C'est la ligne de commande qui consomme le travail : un prélèvement, une vérification, une manipulation. Deux offres au même tarif de stockage peuvent différer du double sur ce chiffre, et c'est celui-là qui bougera quand votre activité changera de forme — plus de commandes plus petites, par exemple, ce qui est la trajectoire de presque tout le monde.
Ajoutez-y les retours, qui sont un flux à part entière et rarement chiffrés à l'avance : voir traitement des retours. Et si votre besoin est surtout de la préparation de détail, le contexte est sur logistique de distribution.
Le calculateur de retour sur investissement travaille sur vos propres volumes, qui est la seule base utile pour une comparaison.
Comment cela se facture, côté prestataire
Le module 3PL est payant, et il se facture en sus même au niveau Enterprise, là où tous les autres modules sont inclus. La licence MHE est dans le même cas.
Les licences se facturent au mois, et selon la formule un investissement initial peut s'y ajouter. La licence se compte en cinq lignes : une licence de base par société ; une licence par scanner utilisé en même temps ; une licence imprimante et balance, par imprimante et par balance numérique ; une licence MHE pour les équipements de manutention raccordés, disponible à partir de PME+ ; et les modules, ajoutés selon le besoin.
Le contexte de l'entreposage pour compte de tiers est sur entreposage logistique.
Ce qu'il faut retenir
Les six questions prennent une demi-heure et elles trient les prestataires mieux qu'une grille tarifaire.
Celle qui révèle le plus est la première : si la séparation de votre stock est géographique, vous paierez de la surface dédiée et le dispositif cassera à la première pointe. Si elle se résout à l'unité, le reste est généralement en ordre.



