Il existe une phrase qu'on trouve sur beaucoup de pages de logiciels de logistique, y compris sur la version anglaise de celle-ci : vous pouvez ajouter de nouveaux sites sans investissement système significatif.
C'est agréable à lire et ce n'est pas exact. Voici la règle réelle, parce qu'elle décide d'un budget et qu'il vaut mieux la connaître six mois avant l'ouverture que le jour du devis.
La seule question qui change le montant
Elle ne porte pas sur la taille du bâtiment, ni sur le nombre de palettes, ni sur le volume de commandes.
Elle porte sur l'entité juridique.
Même société, deuxième site. La licence de base reste unique — une par société, pas une par bâtiment. Ce que vous ajoutez, ce sont des appareils : une licence par scanner utilisé en même temps, une licence par imprimante et par balance numérique. Si le nouveau site tourne avec trois scanners et deux imprimantes, c'est cela que vous ajoutez, et rien d'autre.
Autre société, deuxième site. Celle-ci a besoin de sa propre licence de base, en plus de ses appareils. Et si les marchandises doivent circuler entre vos deux sociétés, ces flux relèvent du module ICL, la logistique intersociétés, qui se facture en plus de la licence. Ce n'est pas dans le périmètre standard.
L'écart entre les deux cas est important, et il ne dépend pas de votre activité mais de la façon dont votre groupe est construit. Une entreprise qui ouvre un entrepôt à Lyon sous la même société paiera peu de plus. La même entreprise qui ouvre ce site sous une filiale nouvellement créée paiera sensiblement plus — pour la même activité, dans le même bâtiment, avec les mêmes équipes.
La conséquence pratique : si la structure juridique n'est pas encore arrêtée, parlez-en avant, pas après. Le choix peut être parfaitement justifié par ailleurs — fiscalité, responsabilité, préparation d'une cession — mais il a un coût système qu'il vaut mieux connaître au moment de l'arbitrage.
Faites défiler latéralement pour voir toute la figure.
Utilisateur simultané : la notion qui crée le plus de malentendus
Une licence de scanner se compte par appareil utilisé en même temps, pas par personne employée.
Dix préparateurs qui se relaient sur deux équipes et se partagent quatre appareils : quatre licences. Ce n'est pas une subtilité contractuelle, c'est la logique de la facturation, et elle joue en votre faveur dès que vous travaillez en équipes successives.
L'inverse est vrai aussi, et c'est le piège : le jour où vous mettez un appareil dans les mains de chaque préparateur pour supprimer les temps d'attente, le nombre de licences monte. C'est un choix d'exploitation défendable, mais c'est un choix qui se chiffre.
Les cinq lignes, une fois pour toutes
Les licences se facturent au mois. Selon la formule retenue, un investissement initial peut s'y ajouter.
La licence se compte en cinq lignes : une licence de base par société ; une licence par scanner utilisé en même temps — ce qu'on appelle un utilisateur simultané ; une licence par imprimante et par balance numérique ; une licence MHE pour les équipements de manutention raccordés, disponible à partir de PME+ ; et les modules, ajoutés selon le besoin.
Les sept modules payants, pour mémoire : la production et l'enregistrement des temps (module Manufacturing), les flux entre vos propres sociétés (ICL), le stock géré par le fournisseur (VMI), la consignation, l'entrepôt sous douane, l'échange de données informatisé, et le module 3PL destiné aux prestataires logistiques. L'assemblage, lui, est standard et n'est pas un module.
Et la règle par niveau : au niveau PME, aucun module. En PME+, les modules sont en option payante et leur configuration se facture en plus. En Enterprise, tous les modules sont inclus mais la configuration reste facturée — et deux lignes se facturent en sus même à ce niveau, la licence MHE et le module 3PL.
Et un point qui rassure, celui-là : la facturation ne suit pas votre chiffre d'affaires. Vendre deux fois plus avec les mêmes appareils ne change pas la facture. Ce qui la change, c'est le nombre d'appareils en service en même temps, et les modules que vous choisissez.
Les trois niveaux sont décrits sur les pages PME+ et grandes entreprises.
Ce qui prend réellement du temps à l'ouverture
Le logiciel n'est pas le chemin critique, et c'est la deuxième mauvaise nouvelle de cette page — ou la bonne, selon le point de vue.
Quand le système tourne déjà sur un premier site, la configuration existe : les flux, les règles de prélèvement, les raccordements. Les reproduire est rapide.
Ce qui prend du temps est physique et documentaire.
L'étiquetage des emplacements du nouveau bâtiment. Chaque emplacement doit porter un nom unique, lisible, construit comme ailleurs. C'est du travail de terrain, qui se compte en jours selon la surface, et aucun logiciel ne le fait à votre place. La méthode est décrite sur la page affectation des emplacements.
La vérification des fiches articles du nouveau site. Si le second site reçoit des références que le premier ne traitait pas, leurs fiches doivent être complètes : unité, code-barres, poids, hiérarchie d'emballage.
Et un seul flux en production d'abord. La réception avant la préparation, la préparation avant les retours. Ouvrir tous les flux le même jour sur un site neuf, avec des équipes neuves, est la façon la plus fiable de rater une ouverture. Le déroulé complet est sur la page projet WMS.
Le partage des rôles avec le logiciel de gestion
Le logiciel WMS tient la position du stock, le traitement des commandes et l'expédition. Le logiciel de gestion tient le financier : facturation, comptabilité, valorisation. Sage se place de ce second côté, et le détail du raccordement figure sur la page du connecteur Sage.
L'intérêt concret de ce partage à l'ouverture d'un site est un gain qu'on sous-estime : une position de stock à jour sur deux bâtiments permet de ne pas racheter ce que l'on possède déjà ailleurs. Le réflexe inverse — chaque site qui approvisionne sans voir l'autre — est la première source de stock dormant dans un réseau à deux sites, et il apparaît dans les semaines qui suivent l'ouverture, pas dans les années.
Six vérifications avant de signer l'ouverture
- La structure juridique du nouveau site est-elle arrêtée ? Si non, chiffrez les deux hypothèses avant de décider.
- Combien d'appareils tourneront en même temps, en pointe, pas en moyenne ?
- Des marchandises circuleront-elles entre deux sociétés ? Si oui, le module ICL entre dans le budget.
- Qui étiquette les emplacements, et quand ? Mettez-le au planning, avec un nom en face.
- Quelles références sont nouvelles sur ce site ? Leurs fiches sont-elles complètes ?
- Quel flux ouvre en premier ? Un seul, et lequel.
Pour comparer le coût du système au coût de l'organisation actuelle sur vos propres volumes, le calculateur de retour sur investissement travaille sur vos chiffres plutôt que sur une moyenne.
Ce qu'il faut retenir
Grandir ne vous coûte pas une seconde installation. Mais grandir sous une autre société, oui — et c'est une décision de structure, prise souvent pour de bonnes raisons qui n'ont rien à voir avec la logistique.
Posez la question tôt. C'est la seule chose à retenir de cette page, et elle se règle en une conversation.



